A. Somaize - Grand Dictionnaire des précieuses, historique, poétique, géographique, cosmographique, chronologique et armoirique, 1661

« Féliciane est une précieuse aimable, jeune et spirituelle, d'un esprit enjoué, d'un abord agréable, elle est civile, obligeante et un peu railleuse ; mais elle raille de si bonne grâce qu'elle se fait aimer de ceux qu'elle traite le plus mal, ou du moins qu'elle ne s'en fait pas haïr. Elle écrit bien en prose, comme il est aisé de voir par le portrait qu'elle a fait de Sophronie [Mme de Sévigné], dont elle est intime amie. Elle loge en la petite Athènes. »

 

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Charles Sorel - Bibliothèque française, 1664 - 2e édition de 1667, p.180



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Jean Donneau de Visé - L'Amour échappé, 1669

« Hypéride a la taille agréable, et beaucoup d'agréments dans le visage, surtout lorsqu'elle se peut empêcher de rougir. Jamais on n'eut plus d'esprit et plus discernement qu'elle en a. Elle sait non seulement tout ce que les femmes d'esprit doivent savoir, mais encore tout ce qui peut faire passer les hommes pour galants et habiles. Outre sa langue où elle se fait admirer, elle en sait cinq ou six autres, et a lu tout ce qu'il y a de beaux livres en toutes ces langues. Elle écrit parfaitement bien, et n'a nul empressement de montrer ses ouvrages. »

 

Nicolas-Pierre-Henri de Montfaucon, abbé de Villars - De la Délicatesse, Premier dialogue, 1671

PASCHASE [= Blaise Pascal] Avez-vous lu la Princesse de Montpensier ? C'est un petit chef-d'œuvre, il a réussi admirablement, & on le lira toujours avec plaisir, parce qu'une grande partie des faiblesses du cœur y sont excellemment ménagées. La pente à la galanterie en la Princesse de Montpensier, toutes les dames qui ont cette pente trouvent là leur conte. L'inclination qu'on a à conter des douceurs à la femme de son meilleur ami est flattée par le beau rôle de Chabanes. Le Duc de Guise autorise l'ingratitude de ceux qui quittent là leurs Maîtresses après les avoir perdues de réputation, & les avoir mises en danger de perdre la vie. La clémence du Prince de Montpensier pour Chabanes qu'il trouve avec sa femme, & la prudence avec laquelle il dissimule la disgrâce qui lui est arrivée, sont au gré des maris qui dissimulent la sottise de leurs femmes, & au goût de ceux qui ont intérêt que les maris en usent ainsi. Il ne faut pas s'étonner si ce petit Livre flattant tout à la fois tant de faiblesses s'est acquis tant de réputation.

ALITON. N'y a-t-il que ces caractères dans ce Livre ?

PASCHASE. Le Duc d'Anjou y fait encore un rôle particulier, & il exprime assez bien cette inclination qu'ont tous les hommes à traiter de haut en bas ceux qui ne sont pas leurs égaux.

ALITON. J'ai bien peur que ce Livre ne soit pas si excellent que vous le faites, puisque tous ses caractères sont si peu raisonnables.

PASCHASE. Encore une fois, ce n'est pas la raison qui fait le succès des Livres, mais cest l'adresse avec laquelle nous savons mettre le cœur de notre côté, & c'est un art & une affaire.

 

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Charles Sorel - De la connoissance des bons livres, 1671, p.371

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« Le style fastueux des romans héroïques étant un peu radouci, le premier livre qui a été écrit d'un style digne d'approbation a été la petite nouvelle de la Princesse de Montpensier, où de vrai il n'y a point de ces mots nouveaux dont on se sert en discours familiers, mais cela est accommodé à l'air d'une personne de qualité qui écrit de même qu'elle parle, et qui parle toujours fort bien et fort agréablement. On a voulu faire quelques nouvelles ou historiettes à son imitation, mais les unes ont été rendues trop libres dans le récit de leurs aventures, et les autres ont été remplies d'un langage extraordinaire : on ne parvient point par là à faire quelque chose qui soit estimable. »